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Au milieu du 19e siècle, un jeune homme de Tyrone,
en Ontario, vit sur une terre qu'il a déboisée
avec la hache qu'il a lui-même fabriquée.
Les haches de ce cultivateur se vendent un bon prix
au marché de Bowmanville, mais celui-ci souhaite
mettre ses talents à profit dans un projet de
plus grande envergure. Après avoir longtemps
examiné les dessins d'un vieux catalogue de voitures
à chevaux, il décide de se construire
un traîneau qui serait tiré par des chevaux.
« Une seule qualité, la meilleure »
Pendant
que l'agriculteur travaille sur son projet, un voisin
lui demande s'il pourrait acheter le traîneau
une fois celui-ci terminé. L'agriculteur lui
propose plutôt d'en fabriquer un autre identique.
Les deux hommes conviennent d'une date de livraison,
mais le forgeron itinérant à qui a été
confié l'exécution de la ferronnerie est
en retard et l'agriculteur doit par la suite travailler
jour et nuit pour terminer le traîneau à
la date prévue et ainsi tenir sa promesse. Ne
voulant plus revivre la même situation, il ajoute
par la suite sa propre forge à son entreprise
agricole qui se transforme bientôt en atelier
de fabrication de chariots de ferme. L'agriculteur,
Robert McLaughlin, ouvre une usine de voitures à
chevaux à Oshawa, en Ontario; il ouvrira par
la suite des succursales dans l'ensemble du pays. La
société devance bientôt des fabricants
établis et acquiert la réputation d'offrir
des produits de qualité supérieure.
De la voiture hippomobile à
la voiture automobile
L'un des trois fils de Robert McLaughlin veut devenir
chimiste : il se rend aux États-Unis et fonde
Canada Dry Company. Les deux autres deviennent des associés
dans McLaughlin Carriage Company. Vers 1901, les fils Sam et George font une ballade
dans l'automobile du comptable de la compagnie. Immédiatement
« mordus », ils tentent de convaincre leur
père qu'il serait rentable de fabriquer une voiture
sans chevaux, mais Robert McLaughlin ne partage pas
leur enthousiasme. Sam et George doivent donc approfondir
leur projet en catimini. En 1905, Sam effectue des essais
de conduite avec plusieurs automobiles, mais vient rapidement
à la conclusion que la Buick est la voiture qu'il
veut fabriquer à Oshawa. Il
conclut presque une entente de fabrication avec un ami
aux États-Unis, Billy Durant - un associé
dans Buick Motor Company - mais l'entente achoppe sur
les questions financières. De retour au Canada,
Sam et George réussissent finalement à
convaincre leur père d'accepter de créer
McLaughlin Motor Car Company.
La production est sur le point de commencer lorsque l'ingénieur
tombe gravement malade. Après quelque hésitation,
Sam envoie à Durant un télégramme
dans lequel il lui demande s'il ne pourrait pas lui «
emprunter » un ingénieur. Le lendemain, Durant
arrive en compagnie de deux directeurs de Buick : le plan
initial de collaboration est ressuscité et, en
1908, l'usine fabrique 154 McLaughlin équipées
d'un moteur Buick.
Les voitures canadiennes acquièrent
une réputation de qualité
Le Canada adore ses McLaughlin. Après la victoire
d'une Buick sur le circuit d'Indianapolis aux États-Unis,
les publicitaires de chez McLaughlin veulent tirer profit
de l'imposante campagne de publicité de Buick.
Ils persuadent même la direction de changer le
nom de leur voiture qui s'appellera désormais
la Buick. Lorsque les ventes chutent, la voiture est
rebaptisée de nouveau : il s'agit dorénavant
de la McLaughlin-Buick. En 1908, Durant avait fusionné Buick et Oldsmobile
pour créer General Motors, mais en 1910, il devient
trop ambitieux, et les banquiers inquiets lui montrent
la porte de sa propre compagnie. Qu'à cela ne tienne, Durant met sur pied une
autre compagnie avec un ancien pilote de course sur
Buick, le Suisse Louis Chevrolet. Le succès de
la Chevrolet est si fulgurant qu'en 1915 le cours des
actions de cette nouvelle société est
suffisamment élevé pour que Durant reprenne
la mainmise sur GM. Durant
a l'intention de construire une usine Chevrolet à
Toronto, et les McLaughlin s'inquiètent de la
concurrence avec la Buick. Un jour qu'il déjeune
à New York en compagnie de Durant et d'un actionnaire
de Chevrolet, Sam s'enquiert tout bonnement de la progression
du projet canadien. « Pourquoi ne pas donner l'affaire
aux McLaughlin, Billy », laisse échapper
l'actionnaire. « Eh bien Sam, es-tu intéressé?
», de demander Durant. Deux jours plus tard, Durant
et les McLaughlin en viennent à une entente.
Robert McLaughlin - qui n'est pas encore tout à
fait convaincu que l'ère des voitures à
chevaux est révolue - accepte à contre
cur de vendre son entreprise de voitures à
chevaux pour donner libre cours à la production
des Chevrolet à l'usine d'Oshawa, où sont
déjà fabriquées les Buick.
Comme ce fut le cas des McLaughlin-Buick, les Chevrolet
construites au Canada suscitent un réel engouement.
Sam McLaughlin a dessiné les plans de la carrosserie
et l'usine d'Oshawa applique un fini de qualité
supérieure. Après avoir vu une McLaughlin-Buick
stationnée devant les bureaux de General Motors
à New York, un directeur de GM demande qu'on
la lui fasse livrer chez lui : « Cette voiture
attire les foules; elle ressemble autant à l'une
de nos Buick qu'un St-Bernard à un teckel! » La General Motors du Canada
Limitée
(De 1918 à nos jours)
L'entreprise
familiale devient la General Motors du Canada
Le succès au Canada des Chevrolet des McLaughlin
est aussi fulgurant que l'est aux États-Unis celui
des Chevrolet tout court. Toutefois, en 1918, ni George
ni Sam n'ont de fils intéressé à
poursuivre. Au cours d'une réunion de cinq minutes,
la direction de GM accepte d'acheter l'entreprise des
McLaughlin, à la condition que ceux-ci continuent
de la diriger. Enchantés par ce témoignage
de confiance, Sam et George deviennent respectivement
les premiers président et vice-président
de la General Motors du Canada. Sam occupe ce poste jusqu'en
1945. À son décès en 1972, à
l'âge de 100 ans, il est toujours président
du conseil d'administration. Sous sa gouverne, la General
Motors du Canada connaît une croissance extraordinaire
et son apport à la production totale de GM est
dorénavant d'envergure.
La GM du Canada Lors
de son 30e anniversaire en 1938, la GM du
Canada avait produit un million de véhicules.
En 1965, le Canada et les États-Unis signèrent
l'Accord commercial canado-américain sur les
produits de l'industrie automobile (Pacte de l'automobile),
qui permit à la GM du Canada d'augmenter sa production
de manière significative. Plus récemment,
l'Accord de libre-échange nord-américain
(ALENA) entre les États-Unis, le Canada et le
Mexique a conduit à un commerce automobile ouvert
en Amérique du Nord. Aujourd'hui, la GM du Canada
a la capacité de fabriquer plus d'un million
d'unités en une seule année, donnant ainsi
lieu à des gains à l'exportation importants
en expédiant environ 90 % de ces véhicules
aux États-Unis. Elle satisfait également
un tiers du marché de 1,2 million de véhicules
au Canada, le neuvième marché le plus
important au monde. Dans les années 1980, la GM du Canada lança
un programme de réindustrialisation de huit milliards
de dollars. Actuellement, GM Autoplex est le centre
des opérations de fabrication de la GM du Canada
à Oshawa. Il s'agit du complexe de fabrication
intégrée le plus important et le plus
moderne d'Amérique du Nord.
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